Eshou

Eshou est une divinité (un orisha) d’origine africaine, issue des traditions religieuses des Yorubas. Figure centrale du candomblé, religion de matrice africaine la plus importante au Brésil, on le retrouve dans le vaudou sous le nom de Papa Legba. Il est connu sous de multiples noms tels qu’Exu, Esu, Eshu, Bara, Legbá, Elegbara, Eleggua, Aluvaiá, Bombo Njila, Pambu Njila.

Dans les rituels du candomblé tout commence par Eshou. Il correspond au seuil, aux actions premières et est le gardien des portes qui s’ouvrent entre les  mondes différents. Il est la divinité du mouvement, des chemins, de la communication.

Embrassant l’immatériel, la débrouillardise et l’ambiguïté, l’idée d’ordre dans le chaos et la notion de transformation, Eshou représente un mode d’être au monde et de pensée non binaire. Pour ces raisons et parce-qu’il représente aussi la sexualité et la procréation, la figure d’Eshou a été utilisée par les esclavagistes pour accuser les afro-descendant·e·s de satanisme et justifier une répression violente envers leurs cultes. Pour ces raisons il a été particulièrement invisibilisé et ses manifestations dansées sont encore aujourd’hui très rares.

Ce processus de diabolisation et de répression envers les pratiquants du candomblé reprend vigueur depuis plusieurs décennies, encouragé par les discours violents de certaines églises évangélistes et, aujourd’hui, par le racisme ouvertement assumé du gouvernement en place. Un travail de déconstruction de ces préjugés est actuellement mené par une grande partie de la communauté afro-brésilienne. La Bouche du Monde, à sa mesure, s’inscrit dans cette démarche.

Note d’intention

Danseuse, enseignante et chorégraphe contemporaine française, j’étudie depuis 2002 les danses issues du candomblé. Mon travail de création est largement habité par cet univers. Mes temps d’immersion au Brésil ont été  guidés par une fascination pour ces gestuelles, nourries de multiples rencontres avec les acteur·rice·s de cette pratique chorégraphique. Mes collectages se sont principalement constitués de façon empirique, dans plusieurs états du Brésil, en milieux artistiques et rituels, et autour de danses de nombreuses divinités. C’est à travers ma propre danse, par des temps de transmission sous forme de stages, mais aussi à travers une conférence-dansée créée en 2016, que j’ai cherché à restituer ces savoirs. Néanmoins, mes notations, écrits et captations vidéos restent inexploitées et n’ont fait, jusqu’à ce jour, l’objet d’aucune publication ni de recherche formelle.

Je réalise aujourd’hui une première recherche, et je choisis, pour des raisons à la fois symboliques et politiques, la divinité d’origine Yoruba Eshou. 

Fanny Vignals

L’équipe de recherche

Fanny Vignals

Danseuse, chorégraphe et chercheuse en danse. Directrice du projet.

Laura Flety

Conseillère scientifique et analyse anthropologique.

Maxime Fleuriot

Conseiller à la formalisation, réalisation vidéo.

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